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Editorial | La Nouvelle Action Royaliste

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Editorial du magazine royaliste N°987 | 
lundi 14 mars 2011 | Thème: politique
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Le président de l’UMP est en campagne, plus ouvertement que jamais. Mais le brillant démagogue de 2007 n’est plus que le metteur en scène brouillon d’une équipée qui prend des allures de déroute.

Les foucades de Nicolas Sarkozy et le zèle ultra-libéral de ses affidés ont jeté des millions de citoyens dans les rues, provoqué des révoltes dans la police, le mouvement massif des magistrats, la colère de très nombreux militaires.

Alain Juppé, qui aurait dû quitter la vie politique après sa condamnation, Gérard Longuet qui n’est pas un ange, Claude Guéant, qui fait la propagande de son maître, ne pourront pas sauver le président des riches. D’ailleurs, il est possible que les hiérarques de droite fassent l’impasse sur l’élection de 2012 pour gagner celle de 2017. Telle est l’intéressante hypothèse exposée par Laurent Pinsolle (1). Nous avons connu ces calculs cyniques en 1981, quand un proche conseiller de François Mitterrand me confiait, peu avant le 10 mai 1981, que la défaite de son candidat permettrait l’élection de Michel Rocard en 1988. D’autres, dans la deuxième gauche, décidèrent qu’il fallait perdre les législatives de 1993 pour gagner l’élection de 1995. Et Jean-François Copé peut fort bien prendre exemple sur Jacques Chirac, qui milita activement pour la défaite de Valéry Giscard d’Estaing.

Il nous faudra de temps à autre observer ces jeux sinistres sans s’y complaire et, surtout, sans entrer dans les « débats » montés par l’Élysée. La perception de l’islam va changer en raison des révoltes et des révolutions dans les pays arabes et en Iran et la sempiternelle question de l’immigration ne saurait être sérieusement envisagée hors de la révolution économique et sociale que nous avons à accomplir en France et en Europe. Les discours sur la laïcité, les racines chrétiennes, les immigrés et l’insécurité ne sont que des opérations de diversion. Par rapport à quoi ?

Par rapport à la crise économique, financière, monétaire, sociale, qui frappe les États-Unis et l’Europe – à l’exception de la Russie qui se développe en affrontant d’autres problèmes. L’effondrement lent de l’Union européenne, l’échec de la zone euro et notre affaiblissement industriel devraient être au centre des débats politiques. Or Nicolas Sarkozy s’est aligné sur la chancelière allemande et les socialistes attendent Dominique Strauss-Kahn, ou à défaut Martine Aubry, qui refusent tous deux d’envisager la nationalisation des banques, la sortie de l’euro et la protection économique qui nous permettraient de relancer notre plein développement. C’est dire que toute l’oligarchie est dans le déni de réalité et tente de tenir les citoyens à l’écart des véritables enjeux, que ce soit par l’appel à la croisade ethnoculturelle ou par les niaiseries sur le care.

Nous pouvons échapper à ce piège en tenaille. L’incendie financier peut à tout moment détruire les fragiles édifices de l’oligarchie et ruiner les réputations les mieux établies. Et même si le feu est contenu, la situation restera prérévolutionnaire (2) et des déstabilisations inattendues peuvent se produire. Le peuple grec, trahi par les socialistes et qu’on disait écrasé, est engagé dans une lutte quotidienne qui finira par porter ses fruits. Elle inspirera d’autres mouvements nationaux. Mais comme on marche mieux sur un terrain dégagé, il importe de bien choisir ses cibles. La maison Sarkozy étant en voie d’autodestruction, il est préférable de concentrer le tir sur le naufrageur n°1 bis : comme plusieurs de nos compagnons de route, nous pensons que dissuader Dominique Strauss-Kahn de se présenter est un acte de salut public. Le riche dilettante ne nous intéresse pas et son histoire personnelle nous laisse indifférents. Notre attaque, strictement politique, vise l’oligarque globalisé, l’ultra-libéral qui participe aux expéditions punitives contre les peuples et qui s’acharne à sauver lesbanksters. C’est par le plus intelligent, le plus séduisant, le plus efficace, qu’il faut commencer.

Bertrand RENOUVIN

(1) cf. le Blog Gaulliste libre : http://networkedblogs.com/f3HBp

(2) cf. la chronique publiée sur mon blog http://www.bertrand-renouvin.fr/?p=2917

et sur le site de Marianne2 http://www.marianne2.fr/Paris-apres-Tunis-Le-Caire-et-Benghazi_a203360.html