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Editorial | La Nouvelle Action Royaliste

Quitter l’Otan

Editorial du magazine royaliste N°943 | du 1 mars 2009 au 15 mars 2009
lundi 9 mars 2009 | Thème: géopolitique
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Nicolas Sarkozy a décidé, seul, le retour complet de la France dans l’Otan. Lui qui déclare, quand bon lui semble, qu’il a « reçu mandat » des Français pour faire telle ou telle réforme, n’a pas annoncé pendant sa campagne qu’il s’empresserait de transformer nos soldats en supplétifs des Américains. Il a menti au peuple français, par omission.

Il y a encore plus grave. Nicolas Sarkozy n’a pas attendu que la représentation nationale, dûment saisie par le gouvernement, débatte et vote sur l’opportunité de ce retour. Le débat parlementaire aura lieu après la prise de décision politique, après la mise en œuvre des mesures pratiques destinées à organiser notre alignement. Une fois de plus, l’autocrate agit dans le parfait mépris de la démocratie.

Les motifs avancés par Nicolas Sarkozy relèvent d’une idéologie désuète. Celle-ci exaltait, pendant la guerre froide, un « Occident » ligué contre le « marxisme oriental ». En 1966, le général de Gaulle avait rejeté la domination politique et militaire des États-Unis, que favorisait cette représentation manichéenne du monde. Malgré l’effondrement de l’Union soviétique, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à déclarer que la France a rejoint la « famille occidentale » dont l’Otan est le bras armé.

Ce discours tend à établir une représentation imaginaire du monde et à récréer la division de l’Europe continentale puisque l’Otan cherche à s’étendre face à la Russie, puissance européenne.

Ce discours signifie que Nicolas Sarkozy a décidé que la France devait concrètement s’aligner sur les autres membres d’une « famille » dont le président des États-Unis est le chef incontesté.

Cet alignement est décidé au mépris de notre Constitution, qui dispose que le président de la République est « le garant de l’indépendance nationale ».

Cet alignement est décidé à la fin d’une période où les États-Unis, maintenant en déclin, se sont comportés en puissance hégémonique, militairement agressive, niant la dignité humaine dans leurs camps d’internement et de torture. Alors que Jacques Chirac et Dominique de Villepin nous avaient préservés de l’expédition militaire en Irak – après le fourvoiement dans la guerre d’agression perpétrée par l’Otan contre la Yougoslavie - Nicolas Sarkozy sort des hésitations et des ambiguïtés de la précédente présidence de manière absurde et périlleuse :

Il envoie des soldats français combattre dans une guerre perdue, sous commandement américain, sans avoir même discuté la stratégie et les objectifs énoncés par George Bush : comme les Américains, il déclare la guerre au terrorisme – qui n’est pas un ennemi mais une technique de l’action violente – par des moyens militaires classiques qui meurtrissent ou exaspèrent les civils. Ceci dans une guerre dont la nature et la durée sont fixées par les seuls Américains : guerre à outrance décidée par George Bush ; retrait à moyen terme annoncé par Barack Obama sans concertation avec  ses alliés.

Il fait retour à l’Otan alors que cette organisation avait pour objectif militaire explicite déclaré de préserver l’Europe de l’Ouest de la menace soviétique et pour objectif politique implicite de maintenir cette moitié de l’Europe sous la coupe des États-Unis. La France avait alors déclaré qu’elle avait les moyens, nucléaires, de dissuader tout agresseur et le général de Gaulle avait librement poursuivi sur notre continent notre politique traditionnelle à l’égard des très grandes puissances. Nicolas Sarkozy a pour seule ambition de rallier une organisation défensive qui a perdu son adversaire et qui s’est transformée en corps expéditionnaire accomplissant en différents points de la planète les missions assignées par les États-Unis. Qu’on le veuille ou non, les peuples qui faisaient confiance à la France parce qu’elle était libre de toute allégeance jugeront avec tristesse et colère que Nicolas Sarkozy a choisi la voie de la soumission.

Il cherche à tromper les Français par l’argument de l’européanisation de l’Otan puisque les principaux États européens s’en remettent, par indolence ou pour faire des économies, au système militaire datant de la guerre froide.

Pour la défense de l’indépendance nationale, pour une nouvelle organisation de la sécurité collective sur le continent européen, nous voulons que la France quitte l’Otan.

Le Comite Directeur de la Nouvelle Action Royaliste

N.B. : La doctrine militaire de la NAR est exposée dans la motion votée lors du congrès de mars 2008.