Politique générale | La Nouvelle Action Royaliste

Trente Septième Congrès de la NAR (24-25 mars 2018) – DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE

Politique générale |  jeudi 29 mars 2018 | Thème: politique
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Depuis la mise en œuvre du quinquennat, la France n’a plus de président de la République. C’est un chef de gouvernement qui s’installe à l’Élysée tous les cinq ans pour réaliser un programme. Emmanuel Macron a repris cette pratique désastreuse qui prive la France de tout pouvoir arbitral et il est parvenu à réunir, avec l’appui des médias dominants, des représentants de la droite et de la gauche oligarchiques en un seul bloc qui soude l’Élysée, Matignon, les ministères, le parti majoritaire et les éléments sûrs de la haute administration.

Ce bloc oligarchique fait face à des oppositions dispersées et inconciliables. Il a toute latitude pour mettre en œuvre son programme, qui est conforme aux directives bruxelloises et aux injonctions allemandes et qui répond exactement aux exigences du milieu financier et des classes privilégiées. L’objectif de cette caste est de parachever la destruction du modèle social français, de dynamiter la fonction publique, de privatiser les services publics et les derniers biens industriels de la nation. Si cet objectif est atteint, ce n’est pas une société de libres entrepreneurs sur le marché libéré qui sera réalisée mais un système alliant la domination d’oligopoles étrangers, la déflation salariale et le chômage de masse.

Cette domination économique et cette dislocation sociale s’accompagnent d’une soumission politique aux États-Unis et à l’Allemagne qui empêche la France de jouer son rôle spécifique dans les affaires mondiales. Alors que nos soldats sont réduits à un rôle de supplétifs au Moyen-Orient, le gouvernement français n’a rien à dire face aux agressions turques en Syrie et à l’égard de la Grèce et c’est avec de trop faibles moyens militaires que la France aide les gouvernements africains à lutter contre le djihadisme au Sahel. Alors qu’Emmanuel Macron poursuit le rêve d’une «  souveraineté européenne  » et s’efforce de séduire Berlin par une frénésie de mesures ultralibérales, l’Allemagne est en proie à une profonde crise politique qui la rendra toujours plus indifférente aux propositions illusoires de la «  gouvernance  » française sur la réforme de la zone euro et aux sacrifices que la «  monnaie unique  » impose.

Face à cette situation angoissante et humiliante, la Nouvelle Action royaliste réaffirme la nécessité impérieuse de quitter la zone euro afin de la faire exploser. La maîtrise retrouvée de sa souveraineté monétaire et la dislocation finale de l’Union européenne qui en résultera permettront à notre pays de redonner à l’État son rôle indispensable dans la mise en œuvre de la politique économique et sociale de la nation. Il s’agira de mettre les moyens de la nouvelle planification et du large secteur qui sera nationalisé au service du développement de notre pays. La France devra, dans le même temps, redéfinir une politique étrangère indépendante et retrouver sa puissance militaire et maritime.

En retrouvant sa liberté, la France pourra proposer l’union confédérale des États du continent et la mise en œuvre du projet humaniste de civilisation qu’exigent le changement climatique et l’épuisement du productivisme.

La Nouvelle Action royaliste insiste sur la nécessité de restaurer, contre l’oligarchie, la République classiquement définie comme service de l’intérêt général dans le souci du bien commun. Cet idéal de la raison politique ne préjuge pas des institutions. La Ve République avait permis de renouer avec le fait monarchique par la claire définition du rôle du chef de l’État. Elle a assuré la stabilité du régime parlementaire et consacré le rôle des partis politiques mais sans apporter de solution pérenne à l’incarnation durable de l’autorité symbolique. La Nouvelle Action royaliste souhaite l’institution d’une monarchie royale, permettant de renouer et de renouveler, le moment venu et dans le respect de nos principes constitutionnels, le pacte historique entre la dynastie capétienne et la nation et de rééquilibrer nos institutions politiques en vue de l’accomplissement de l’idéal républicain de justice et de liberté.