Projet de La NAR | La Nouvelle Action Royaliste

Pour l'écologie politique

Projet de La NAR |  dimanche 6 avril 2014 | Thème: environnement
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La mondialisation ultra-libérale est l’une des causes de la crise écologique. Les travaux du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du Climat (GIEC) mettent en évidence, sans ambiguïté, les dégâts que l’activité humaine provoque sur le climat planétaire depuis plusieurs années.

Les réponses apportées pour résoudre cette crise ne sont pas satisfaisantes, que ce soit à l’échelon national, européen ou mondial. Les conférences internationales qui se multiplient ne débouchent sur aucune décision concrète. Le Grenelle de l’environnement, impulsé par Nicolas Sarkozy en France, a eu le mérite de poser un certain nombre de questions et de définir une méthode, mais nombre de projets qui devaient voir le jour ont été abandonnés. Quant aux conférences environnementales annuelles de la présidence Hollande, elles ne sont rien de plus que des opérations de communication.

La notion même de développement durable, si elle prétend établir un compromis viable entre un développement défini comme croissance du PIB et la protection de l’environnement, n’est pas pertinente, comme l’ont démontré les échecs du sommet de Johannesburg de 2002 et de ceux qui l’ont suivi. Elle joue en effet sur l’ambiguïté du concept de développement (financier et/ou social). Pour fonctionner, elle devrait réviser les critères de croissance définis par les instances économiques internationales (FMI, OMC, UE…).

Il convient par ailleurs d’éliminer d’emblée toutes les propositions « symétriques » qui réclament soit le maintien de la croissance sans se préoccuper de l’environnement, soit la protection de l’environnement sans se soucier du devenir de l’humanité : maintenir la stabilité de l’écosystème au détriment de l’activité économique aboutirait pour l’humanité au même résultat que la défense à tous crins de la croissance. Il n’est pas question non plus de transformer brutalement et du tout au tout le fonctionnement de la société : elle n’y survivrait pas et les dégâts humains seraient importants. Il faut donc trouver une forme d’organisation de l’activité économique qui ne soit pas nocive pour l’environnement et vers laquelle le transfert pourrait se faire sans trop de problèmes.

L’écologie politique doit en premier lieu se fonder sur l’article premier de la conférence des Nations unies sur l’environnement de Stockholm en 1972 selon lequel « l’homme est à la fois créature et créateur de son environnement, qui assure sa subsistance physique et lui offre la possibilité d’un développement intellectuel, moral, social et spirituel ».

Sur cette base conceptuelle, la Nouvelle Action royaliste entreprend une réflexion à long terme à partir d’une liste d’objectifs concrets, des plus généraux (définition de politiques nationales et internationales pour l’énergie, les transports, la consommation, l’occupation du territoire, l’urbanisation, l’eau, la santé, la sauvegarde de la biodiversité, la remise en état des écosystèmes dégradés terrestres et maritimes, les règles de gestion commune nationales et internationales des zones sensibles ou fragiles, en particulier la gestion des bassins versants, des ressources partagées...) ; aux plus particuliers (le logement, les investissements prioritaires, la consommation des ménages, le rôle de l’État, le financement de la transition écologique, la mesure de la croissance, les décisions locales) ; tout ceci en se préoccupant des échelles pertinentes de temps et d’espace.

Dès à présent, la Nouvelle Action royaliste propose :

  • De rationaliser l’exploitation du milieu dans une vision écosystémique par l’utilisation programmée des sous-produits d’une exploitation (produits dérivés, déchets à la production, récupération des produits finis usés, rationalisation des flux énergétiques induits…). Cela revient à faire le premier pas vers l’économie circulaire.

  • De prendre en compte pour établir des taxes sur les services écologiques non pas le prix des services ou des ressources (impossible à établir) mais les coûts de maintenance ou de restauration des services écologiques.

  • De sortir de l’économie de production et d’entrer dans une économie de l’utilisation.

  • Dans le cadre d’une réforme globale de la fiscalité, de s’attacher à réduire les nuisances de l’activité humaine sur l’environnement par la prise en compte du capital naturel.

  • De définir une mesure de la croissance du PIB qui intègre les nuisances faites à l’environnement.

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Texte de la motion adoptée au 33ème Congrès de la Nouvelle Action royaliste le 6 avril 2014